Boucle du Hainaut: le chemin de croix d'Elia pour l'acceptation du public

La première période d'avis maintenant terminée, le projet d'Elia de construction d'une liaison à haute tension entre Avelgem et Courcelles est en passe d'être analysé par un bureau d'étude indépendant. Elia insiste sur l'importance du dialogue alors que l'acceptation de la Boucle du Hainaut par les riverains est loin d'être acquise.

Boucle du Hainaut: le chemin de croix d'Elia pour l'acceptation du public

La première période d'avis maintenant terminée, le projet d'Elia de construction d'une liaison à haute tension entre Avelgem et Courcelles est en passe d'être analysé par un bureau d'étude indépendant. Elia insiste sur l'importance du dialogue alors que l'acceptation de la Boucle du Hainaut par les riverains est loin d'être acquise.

Après les expériences mouvementées de Stévin, maillon clé du réseau qui a failli ne pas être prêt à temps pour cause de difficultés de permis, et le projet Ventilus en Flandre occidentale, censé relier Stévin à Avelgem afin de rapatrier l'électricité produite en mer du Nord, c'est au tour de la Boucle du Hainaut de faire des émules.

Ce projet mené par Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité du pays, consiste en la réalisation d’une nouvelle liaison électrique aérienne d’un niveau de tension de 380 kV et d’une capacité de transport de 6 GW entre les postes d’Avelgem et de Courcelles. Pour ce faire, un corridor de 84,8 km qui traverse 14 communes du Hainaut sera proposé par Elia à la région afin de modifier les plans de secteur.

500 millions
Le projet "Boucle du Hainaut" représente un investissement de 500 millions d'euros pour Elia.

Naturellement, un projet de cette ampleur - il représente 500 millions d'euros d'investissement - s'accompagne d'une modification significative du paysage pour la province concernée et, par conséquent, des inquiétudes des riverains et des élus locaux.

©Mediafin

Fin de la période d'avis

Aussi, Elia, qui assure avoir tiré les leçons des expériences précédentes, a entamé le (long) processus que suppose la réalisation du projet par une première "période d'avis" ayant pour but de récolter les suggestions et remarques des riverains et des autorités locales. Initiée en septembre dernier, cette phase a rencontré une opposition, parfois farouche, des habitants des communes concernées .

"26 présentations ont bien eu lieu, mais les permanences physiques ont toutes été remplacées par des permanences téléphoniques."
Mélanie Laroche
Chargée de communication pour le projet "Boucle du Hainaut".

"Nous avions initialement programmé une soixantaine de présentations et de permanences physiques dans les communes concernées par la Boucle du Hainaut", nous explique Mélanie Laroche, chargée de communication pour le projet chez Elia. Seulement, l'expérience d'une présentation s'étant soldée par des menaces verbales et des tentatives d'atteintes physiques dans la commune d'Ecaussinnes a contraint le gestionnaire du réseau à changer son fusil d'épaules. "Après cet incident, nous avons réfléchi à l'organisation du dialogue. 26 présentations ont bien eu lieu, mais les permanences physiques ont toutes été remplacées par des permanences téléphoniques", indique Mélanie Laroche.

La grogne locale concerne principalement deux points: la pollution visuelle engendrée par le projet et la crainte causée par les champs magnétiques découlant de la construction de nouvelles infrastructures. A ce sujet, la chargée de communication tient à préciser que "ce point sera pris en compte lors des études d'incidences environnementales".

Long processus

Avant le premier coup de pioche, il faudra attendre 2025. "Nous venons seulement de clôturer les deux premiers mois d'une procédure de six ans", pointe Mélanie Laroche. Et pour les étapes à venir, Elia insiste sur le rôle qui sera joué par le public. "La période d'avis désormais terminée, l'ensemble des suggestions et remarques que nous avons reçues sont en train d'être collationnées avant d'être transmises à un bureau d'étude indépendant qui sera désigné par le gouvernement wallon afin d'analyser l'ensemble du dossier. Suite à cela, un rapport sera présenté au gouvernement et une deuxième enquête publique sera alors initiée. C'est sur cette base qu'une décision sur le plan de secteur sera prise", détaille Mélanie Laroche.

Mais ce processus sera long. Elia table sur 2023 pour que la modification du plan de secteur soit validée. Alors commencera la longue procédure visant à l'obtention du permis d'urbanisme à l'horizon 2025. Là aussi, le public aura l'occasion de participer aux discussions et de nouvelles études seront réalisées quant à l'impact des infrastructures.